PERICARDITE

DÉFINITION

La péricardite est l’inflammation du péricarde, le sac protecteur qui enveloppe le cœur. Cette inflammation s’accompagne parfois d’un épanchement (accumulation de liquide) entre les deux feuillets du péricarde.

FACTEURS DE RISQUES

L’inflammation du péricarde est le plus souvent secondaire à une agression de l’organisme :
  • Infection virale récente : Cause la plus fréquente (généralement bénigne), survenant quelques jours après un syndrome grippal, une angine, une rhinopharyngite ou le COVID-19

  • Infections bactériennes ou fongiques : Plus rares mais plus sévères, comme la tuberculose

  • Pathologies inflammatoires : Maladies auto-immunes (lupus, polyarthrite rhumatoïde) ou insuffisance rénale sévère

  • Infarctus du myocarde : Inflammation réactionnelle du cœur pouvant survenir juste après ou quelques semaines après une crise cardiaque (syndrome de Dressler)

SIGNES CLINIQUES

La péricardite se caractérise par une douleur thoracique très sensible aux changements de position :
  • Douleur thoracique prolongée : Douleur au milieu de la poitrine (rétrosternale), souvent aiguë ou de type « brûlure », qui dure depuis plusieurs heures ou jours

  • Sensibilité positionnelle : La douleur augmente à l’inspiration profonde, à la toux et en position allongée (décubitus). Elle est nettement soulagée lorsque le patient se penche en avant

  • Fièvre modérée : Souvent présente au début de la crise (autour de 38°C), accompagnée d’un contexte de fatigue récente

  • Signes de gravité extrême (Tamponnade) : Difficultés respiratoires majeures (dyspnée), baisse brutale de la tension artérielle, pouls très rapide et filant, et gonflement visible des veines du cou (turgescence des jugulaires)

EXAMEN À RÉALISER (DIAGNOSTIC)

Échographie cardiaque (ETT) : Examen clé pour vérifier immédiatement s’il y a du liquide autour du cœur (épanchement péricardique) et mesurer son volume

Électrocardiogramme (ECG) : Montre des anomalies typiques et diffuses (sous-décalage du segment PQ, sus-décalage concave du segment ST) qui aident à la différencier de l’infarctus

Bilan sanguin : Recherche des marqueurs de l’inflammation élevés (CRP, globules blancs) et contrôle de la Troponine pour éliminer une atteinte associée du muscle cardiaque (myopéricardite)

TRAITEMENTS

Anti-inflammatoires (AINS ou Aspirine) : Traitement de première ligne à forte dose pour stopper l’inflammation, souvent associé à la Colchicine pour éviter les récidives

Repos strict : Repos physique obligatoire pendant la phase aiguë pour ne pas fatiguer le muscle cardiaque enflammé

Péricardocentèse (Urgence) : Ponction du liquide à l’aide d’une aiguille à travers la poitrine, réalisée en urgence absolue en cas de tamponnade pour libérer le cœur comprimé

CAT

Respecter la position inclinée en avant : Installer le patient en position demi assise, le buste légèrement penché en avant (si besoin avec un oreiller sur les genoux) car c’est la seule position qui soulage mécaniquement sa douleur

Interdire tout effort physique : Maintenir le patient au repos absolu sur le brancard pour limiter le travail du cœur et éviter d’aggraver l’inflammation

Surveillance étroite de la tension artérielle : Prendre la tension fréquemment. Une baisse progressive de la tension artérielle associée à un pouls qui s’accélère doit faire craindre une compression du cœur (tamponnade)

Évaluer la fonction respiratoire : Mesurer la Fréquence Respiratoire et la Saturation (SpO2). Administrer de l’oxygène si la saturation chute ou si le patient est en détresse respiratoire visible

Alerte SAMU (Centre 15) : Transmission du bilan systématique devant toute douleur thoracique. Demande de SMUR immédiate si le patient présente des signes de tamponnade (chute de tension, pouls filant, détresse respiratoire, veines du cou gonflées)